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Un soleil de plomb, une chaleur écrasante. Emmanuel Macron avance à pas lents et mesurés entre deux rangées d’enfants, à l’entrée du village d’Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne).
A droite des grilles, deux mots semblent sonner le glas, « souviens-toi », invitation à la gravité et au recueillement intérieur pour tous les visiteurs, quels qu’ils soient. Comme ses prédécesseurs avant lui, le chef de l’Etat se laisse guider dans les ruines du village martyr par Robert Hébras, 91 ans, ultime rescapé du massacre (642 morts) dont on commémorait, samedi, le 73e anniversaire.

Le 9 juin 1944, l’unité de Waffen SS de la division Das Reich encerclait le village, rassemblait les habitants sur la place du Champ-de-Foire séparait les hommes des femmes et des enfants, qui se laissèrent faire sans un cri, sans résistance. Une heure plus tard, les hommes étaient abattus à la mitraillette, achevés au revolver, dans les granges du village, les femmes et les enfants asphyxiés dans l’église incendiée avant de tomber sous le feu SS.

Dans les ruelles désolées du village fantôme, des anciens combattants – bérets, médailles et drapeaux – et des enfants, pour la plupart vêtus de blanc. Opposé à Marine Le Pen au deuxième tour de l’élection présidentielle, Emmanuel Macron s’était rendu à Oradour entre les deux tours du scrutin. Il avait promis qu’il y reviendrait pour la commémoration annuelle, afin d’inaugurer le volet mémoriel de sa présidence, qu’il entend placer sous le signe de la transmission et de la réconciliation des mémoires.

Macron, dans le rôle choisi de passeur

Dans l’église du village, où François Hollande et le président allemand Joachim Gauck s’étaient longuement étreints et embrassés en juin 2013, une image pour l’histoire, Emmanuel Macron et Robert Hébras se tiennent debout face au chœur, main dans la main.

Immobile, le chef de l’Etat lève les yeux au ciel, fixe l’emplacement des anciens vitraux qui explosèrent sous le feu, trou béant par lequel une femme, une seule, put échapper au massacre, grâce à l’escabeau qui servait à allumer les cierges. Les vieux murs de pierre ont gardé la trace des impacts de balles. Et la mémoire du supplice.En savoir plus …