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Louis Gallois, président de la Fondation des acteurs de la solidarité, déplore «une volonté politique» de minorer le nombre de sans-abri. Directement visé, le secrétaire d’État à la Cohésion des territoires, invité du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro, réplique.

Aussi discret qu’essentiel dans le dispositif de la Macronie, Julien Denormandie, l’une des têtes pensantes de la campagne de 2017 devenu secrétaire d’État à la Cohésion des territoires, n’est pas du genre à faire des vagues. Jamais un mot plus haut que l’autre, des raisonnements très structurés. Au point d’être déconnecté des réalités? Le jeune ministre s’est en tout cas retrouvé au cœur d’une polémique, en assurant avec un certain aplomb, le 30 janvier sur France inter, qu’une «cinquantaine» de SDF seulement dormaient dans les rues en Ile-de-France. Manière de défendre l’objectif – trop ambitieux – qu’avait fixé Emmanuel Macron de ne plus avoir de personnes à la rue fin 2017.

«Aucun Parisien ne peut donner foi à de telles déclarations», réplique dans le JDD Louis Gallois, président de la Fédération des acteurs de la solidarité, qui regroupe 870 associations et organismes de lutte contre la pauvreté. Évoquant des «propos insupportables», l’ancien patron de la SNCF «déplore une volonté politique de minorer le nombre de SDF». «Je pense que les préfets se sentent liés par l’engagement pris par le président» et minorent les chiffres dans leurs régions, explique-t-il, avant d’affirmer: «Je ne crois pas qu’on traitera le problème des SDF par un traitement comptable».

«Être à la rue n’est jamais une situation choisie»

Face au tollé, Julien Denormandie a eu tout le loisir de préparer sa réplique qu’il a déroulé dimanche lors du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro. «Je refuse l’argument de Louis Gallois qui dit qu’on minimise les chiffres», a-t-il assuré, précisant ses propos sur les «cinquante SDF». «Je parlais de quelque chose de très précis: le nombre de personnes qui appellent le Samu social en fin de journée à Paris et à qui on n’arrive pas à trouver d’hébergement. Ce chiffre, évidemment, ne correspond pas au nombre des personnes qui dorment dans la rue. Ils sont certainement plusieurs milliers», a-t-il assuré, reconnaissant n’avoir pas été «suffisamment explicite». «Être à la rue n’est jamais une situation choisie, mais subie», a-t-il poursuivi, se désolidarisant des propos du député LREM Sylvain Maillard, qui a également choqué en assurant que la plupart des SDF dormaient dans la rue par choix. En savoir plus …